Ukemi |
Ukemi est un mot nominal japonais composé de deux caractères, "uke" et "mi" qui semble être inventé de façon relativement tardive par les pratiquants de jûdô pour désigner des principes techniques qui lui sont, eux, bien antérieurs. En effet, lorsque Kanô Jigorô
publie enfin entre 1915 et 1916, dans la revue jûdô, une série
de 14 articles consacrée à la description des principes
de son école et intitulée Explication sommaire du jûdô
Kôdôkan, il n'emploie pas, dans la partie qui leur est consacrée,
ce mot d'Ukemi. Il lui substitue des tournures verbales que sont "les
techniques pour se réceptionner lorsque l'on tombe, lorsque l'on
est projeté ou lorsque l'on nous fait tomber". Pour en souligner
l'importance, Kanô Jigorô place leur explication en premier
lieu des explications techniques, précisant que sans leur maîtrise
le jûdô n'est pas possible. Dans son acceptation moderne la
plus courante, "Uke" (celui de tori / uke), a pour sens subir,
éprouver. Quant à "mi", il signifie le corps. L'étymologie graphique du
caractère Uke est riche d'enseignement et nous apporte un complément
d'informations qui ajoute encore au sens précédent. En effet,
elle représente l'acte de recevoir quelque chose dans ses mains
directement depuis les mains d'autrui en prenant soin que cela ne tombe.
Il s'agit donc de la transmission directe et complète d'une chose
concrète ou abstraite. En jûdô, celui qui effectue
ukemi est donc une personne qui reçoit dans sa chair, dans son
corps et au travers de celui-ci une leçon, une expérience
totale, intégrale. Ukemi devient donc : "le corps qui subit
et apprend". Yves Cadot, Judo Magazine 185,
avr. 2000. |