Professeur

Dans les dôjô japonais, le pratiquant est conseillé, corrigé, guidé par différentes personnes, du senpai au shihan. Ces « titres » sont utilisés comme suffixes au nom de famille et permettent de définir la hiérarchie au sein du groupe. On pourra donc entendre Sasagawa-senpai, ou Sasagawa-kantoku etc. Un simple « Sasagawa » signifiera que Monsieur Sasagawa est au même niveau de pratique que le locuteur, ou bien moins expérimenté.

Le senpai, ou « le camarade qui précède », est une personne plus âgée que soi dans la discipline (ne serait-ce que d’un an) mais qui a suivi le même chemin que celui que nous sommes en train de parcourir. Il s’agit d’une notion relative au locuteur. Il participe à l’entraînement mais n’intervient pas sur son contenu.

Le sensei, ou « celui qui a vécu avant », souvent traduit par « professeur », n’est ni forcément quelqu’un de particulièrement brillant, ni un “maître” de la discipline, mais seulement une personne qui, précédant les autres dans les étapes de l’art, peut les guider d’expérience mais surtout, et c’est ce qui le différencie du « senpai », il endosse la responsabilité de cette charge. Il s’agit donc d’une fonction objective. Il dirige l’entraînement et forme des élèves.

Le kantoku, ou « superviseur » est l’entraîneur, le coach, celui qui régit tout ce qui est lié à la compétition. Il définit l’entraînement dans cette optique, tant sur les plans physique que technico-tactique. Là encore, il s’agit d’une fonction objective. Il s’occupe d’équipes de compétiteurs et non de formation.

Le shihan, ou « professeur exemplaire ». Il est âgé, gradé et sa vie, tout autant que son art et son investissement dans celui-ci ont valeur d’exemple. Il s’agit d’un titre, d’une reconnaissance par ses pairs. Sa conception du jûdô influence plusieurs générations de jûdôka par le vecteur des nombreux professeurs qu’il a formé, qui ont à leur tour formé des professeurs qui se reconnaissent tous dans cette filiation, ainsi que leurs élèves.


“Le professeur est l’aiguille, le disciple le fil, il ne doit y avoir aucune interruption dans l’entraînement”. Miyamoto Musashi in Gorin no sho.


Yves Cadot, Judo Magazine 183, janv. 2000.

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