Partenaire |
Il faut distinguer deux types de partenaires. Il y a ceux avec qui on partage, parfois au quotidien, la pratique. Ce sont les amis du dôjô, certains sont plus anciens, d’autres plus jeunes ou moins expérimentés mais on progresse avec eux, ensemble. Puis il y a le partenaire / adversaire du randori ou de la compétition qui peut être un des précédents mais pas nécessairement. Et, même dans ce cas, la relation est différente : il est celui qui pose le problème à résoudre et dont la recherche de la solution va permettre de progresser. En japonais, la personne contre laquelle, — avec laquelle — on combat se dit aite. Ce mot se compose de deux caractères. Le premier, ai, signifie qu’il existe une relation entre deux personnes ou, plus exactement, que la première prend en compte la seconde et vice-versa. Te, la seconde partie de ce terme, a pour sens la main, mais il faut plutôt le voir comme la capacité à agir de l’autre. Aite, c’est donc celui qui n’est pas soi mais a les moyens d’intervenir sur l’objectif final commun soit en tant que partenaire, soit en tant qu’adversaire, et que je reconnais — et qui me reconnaît — comme tel. Dans le dôjô existe
une hiérarchisation des rapports entre élèves, entre
partenaires d’entraînement. Il s’agit de la relation
senpai / kôhai, indépendante de celle des grades, elle prévaut
sur cette dernière. Pai, de senpai, est en fait le même caractère
que hai de kôhai mais sonorisé. Il désigne une personne
d’un même endroit, de capacités équivalentes,
ou de même génération. On peut donc le traduire par
compagnon. Sen, c’est ce qui vient avant (cf. judo magazine n°
183 sur sensei) tandis que kô est ce
qui vient après. Ainsi, senpai est le compagnon qui précède
dans la discipline ou dans l’entrée dans ce dôjô,
et, kôhai, le compagnon qui suit. Restent ceux de même niveau
que soi, c’est à dire ceux qui ont fait leur entrée
dans la discipline ou dans le dôjô en même temps. Cela
se dit dôkyûsei, littéralement : élève
de même niveau. Yves Cadot, Judo Magazine 199, fév.
2002. |
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