Kata |
Deux
façons d’écrire kata, les deux pouvant se traduire
simplement par « forme » mais avec un sens différent.
La première (kanji 1) est la forme conventionnelle pour écrire
le kata dans les arts, car cette pratique codifiée n’est
pas propre au judo, ni même aux budo, il en existe dans d’autres
domaines, tels que la cérémonie du thé ou l’arrangement
floral. "Dans le kata, la façon d’agir est fixée à l’avance et n’offre aucune place à l’initiative d’un côté ou de l’autre. Pourquoi cette façon de faire est-elle nécessaire en plus du randori ? Parce que si l’on ne base l’entraînement technique en judo que sur ce dernier, il est difficile de s’exercer à percer, frapper, donner des coups de pied ou fendre. Si l’on frappe ou fend pour de vrai, on se blesse. C’est pourquoi lorsque l’un vient en frappant ou fendant il faut que la façon d’éviter l’attaque soit convenue afin de s’exercer sans risque. C’est une des raison de la nécessité du kata en plus du randori. Qui plus est, en randori, on limite soi-même son éventail technique et le kata est un outil parfait si l’on souhaite travailler toutes les techniques utiles de façon exhaustive. Dans l’enseignement des langues, entre les exercices de composition, on peut enseigner naturellement la grammaire mais, en vérité, pour enseigner la grammaire, il faut ménager des moments qui lui sont réservés. Pour cette même raison, en plus du randori, sur le plan de l’entraînement technique, le kata ne doit pas faire défaut. En outre, pour que le judo soit aussi un exercice d’éducation physique, en plus du randori, le kata est indispensable. Comme le randori est un exercice où l’on rivalise avec un partenaire, ses apports sur le développement physique sont nombreux. Cependant, si l’on souhaite développer son corps harmonieusement, il n’y a pas de moyen plus adapté que le kata. Enfin, il existe encore une raison pour laquelle on doit compter sur le kata. C’est l’entraînement à ce que j’appellerais la une forme de danse. Par exemple, si l’on souhaite que, le mouvement de toutes les choses entre le ciel et la terre, les pensées ou émotions par exemple, transparaissent au travers des déplacements des quatre membres, du tronc ou de la tête, il faut se fier au kata. Dans le judo d’autrefois, de tels katas n’existaient peut-être pas mais ils existent maintenant parmi ceux du judo Kodokan et je souhaite dans l’avenir augmenter quelque peu leur nombre en y associant la formation spirituelle et en leur liant également un intérêt quant à l’éducation physique." Kano Jigoro, revue Judo de décembre
1934 Yves Cadot, Judo Magazine 206,
janv-fév. 2003. |
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