Kagami-Biraki |
(article co-signé avec Emmanuel Charlot) Au Japon, cette cérémonie
des vœux s'appelle le "kagami-biraki". Le kagami biraki
était à l'origine un des rites qui ponctuaient l'année
dans les familles de la noblesse d'épée. Au Japon, la permanence est perçue d'une façon particulière. Les choses demeurent, non pas dans leur matérialité, mais dans leur essence, dans leur esprit. La notion de permanence se vit dans et par le changement, le renouvellement. Ainsi, au nouvel an, on déguste du soba, le toshi-koshi soba ("soba qui fait passer d'une année à l'autre"). Il s'agit de nouilles, longues, que l'on commence à manger peu avant minuit le 31 décembre pour les terminer l'année suivante, afin de marquer le "lien", la continuité du temps, malgré le renouveau du calendrier. Le kangeiko repose sur le même principe. Il est demandé un effort exceptionnel au pratiquant, effort qu'il soutient jusqu'à la cérémonie du kagami-biraki qui marque la fin de l'année d'entraînement, et il le maintient encore un nombre de jours équivalent après celle-ci, pour montrer que si la date a changé, que si quelque chose a été "rompu", puis a commencé à renaître, le principe de l'entraînement, la régularité, l'engagement demeurent. "D'abord, les professeurs s'adressent aux élèves et leur parlent du judo. On fait l'honneur à quelques élèves de démontrer le kata ou le randori. Ensuite, on déguste les kagami-mochi. La coutume veut que ce jour là, les gens qui ont eu une promotion de grade soient les hôtes: ils dressent les tables dans la dojo, servent et acceuillent les participants." Jigoro Kano "Très fâchée
après Susanowo, le dieu de la mer, son balourd de frère,
Amaterasu, la déesse de la lumière et de l'ordre, se retire
dans une caverne céleste, privant le monde de son éclat.
Nuit, froid et chaos s'abattent sur l'univers. Les dieux rassemblés
cherchent bientôt à la faire sortir de son courroux et de
sa grotte. Ils commencent par demander ux coqs d'annoncer le lever du
soleil, sans résultat. Ils font alors venir la déesse Ame
no Uzume, qui monte sur un baquet et commence à danser avec une
lance. La joie et les rires s'élèvent parmi les dieux. Echauffée,
la déesse enlève le haut. Les divinités applaudissent.
Sur sa lancée, elle enlève le bas. Le brouhaha devient général.
Etonnée qu'on puisse s'amuser autant sans elle, Amaterasu s'enquiert
des raisons de cette hilarité, ce à quoi on lui répond
que l'on a trouvé une déesse encore plus belle qu'elle.
Déconfite, elle sort le nez de sa cachette et voit une très
belle femme… qui n'est autre qu'elle-même, dans un miroir
qu'on lui tend. Prise par ce tour, elle sort de sa caverne et rend au
monde sa lumière." Yves Cadot, Emmanuel Charlot, Judo Magazine
176, fév-mars 1999. |