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Kimono,
jûdô-gi : deux termes souvent utilisés dans les dojos
pour désigner la tenue réglementaire de notre pratique.
Le premier, sans doute le plus fréquent, désigne en japonais
tout ce que l’on porte sur soi (ki : porter, revêtir —
mono : chose ? ce que l’on porte). Aujourd’hui, au Japon,
son emploi a évolué et il s’emploie surtout pour distinguer
les vêtements japonais par opposition aux habits occidentaux. Il
s’agit donc d’un terme générique.
Quant au caractère « gi » de jûdô-gi, il
s’agit d’un idéogramme, c’est-à-dire une
évolution stylisée et codifiée de ce qui était
autrefois un dessin. En effet, dans la graphie de ce caractère,
il faut voir le col derrière la nuque redressé tandis que
les pans du vêtement viennent se croiser pour parfaitement masquer
la peau. Employé seul, et alors lu « koromo », il désigne
lui aussi tout ce qui recouvre le corps, et même, plus précisément
encore, uniquement ce qui couvre le haut du corps. Bientôt, il en
vient à être associé au nom de métiers pour
en désigner le vêtement caractéristique, à
commencer par celui des moines. Il est à noter que la plupart des
gens travaillaient alors jambes nues et, qu’en conséquence,
seule la veste permettait la distinction. Sa traduction est donc «
tenue de… ». Ainsi, « ton kimono » signifie «
ce que tu portes », tandis que « ton jûdô-gi »
est « ta tenue de jûdô ».
« Habituellement, pour l’entraînement au jûdô,
l’on porte un jûdô-gi. Ce jûdô-gi est un
ensemble composé de trois éléments : une veste, un
pantalon et une ceinture. La veste est une toile de coton blanc piquée
aux manches amples, le pantalon est de coton blanc ainsi que la ceinture
(bien que d’autres étoffes soient parfois utilisées)
d’une largeur de 4,5 cm et 1,80 m de long. Il existe quatre tailles
de jûdô-gi : très grand, grands, moyen et petit. Il
convient d’en choisir un qui convienne à sa taille. En outre,
il faut l’entretenir et le prêt comme l’emprunt sont
formellement interdits : les propriétaires se doivent d’écrire
leur nom dessus.
Pour revêtir le jûdô-gi, enfiler le pantalon puis lacer
devant soi les cordons. Ensuite, enfiler la veste puis mettre la ceinture
en positionnant son milieu sur le ventre, faire passer derrière
chaque brin par la droite par la gauche puis ramener devant en entourant
les hanches et nouer sur le devant. »
Extrait de Histoire du jûdô du Grand Japon, 1939, pp. 901~902
« Lorsque j’ai commencé l’entraînement,
on ne portait, contrairement à aujourd’hui, aucune attention
aux exercices que l’on demandait à un débutant. Aussi,
dès le premier jour, on devait utiliser sans ménagement
des muscles que l’on ne sollicitait pas habituellement et, le lendemain,
le corps était si douloureux qu’on ne pouvait se mouvoir.
Le matin, pour me rendre aux toilettes, je ne pouvais me lever qu’au
prix de grands efforts. Pourtant, pas un seul jour je ne manquai l’entraînement
où je me rendais en boitant. Comme les tenues d’entraînement
[keiko-gi] différaient de celles d’aujourd’hui en ce
que le bas s’arrêtait à mi-cuisse et que les manches
étaient largement ouvertes, coudes et jambes n’étaient
qu’écorchures couvertes d’onguents. Mes amis pensionnaires
de l’université se moquaient souvent de moi à cause
de ces onguents qui dégoulinaient. Aujourd’hui encore, lorsque
je rencontre l’un d’eux, nous ne manquons pas d’évoquer
ce sujet. »
[ndt : le keiko-gi qu’utilisait alors Jigorô Kanô, et
que l’on peut encore voir au musée du Kôdôkan
à Tôkyô, avait été cousu spécialement
par une de ses sœurs aînées]
Extrait d’un article de Jigorô Kanô paru en 1927
« Comme l’illustre
la largeur de l’ouverture des manches qui s’est significativement
réduite, la forme ancienne des tenues de jûdô a évolué
pour s’adapter à l’objectif du jûdô. Sans
doute étaient-elles fonctionnelles mais elles avaient l’inconvénient
de ne protéger ni les coudes ni les genoux. C’est en observant
la coupe des vêtements occidentaux que l’on a adapté
les manches et prolongé le pantalon jusque 10 cm en dessous des
genoux. C’est ainsi que cette première norme de jûdô-gi
a été définie en 1907. »
Extrait de Pourquoi porte-t-on une ceinture noire en jûdô
?, M. Inagaki, Tôkyô, 1991, p.13
Yves Cadot, Judo Magazine 197,
nov. 2001.
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